• infos-canyon mention légale3
  • infos-canyon menttion légale3
  • infos-canyon-mentions légale2
  • infos-canyon -mention-légale1
  • canyon infernet
  • canyon-Georgette-Craponoz
  • canyon-du-Jabron-3
  • orienttation-canyon-2

Crue mortelle en Corse (AFP)

01/08/2018 : Quatre pratiquants de canyoning, dont une fillette de 7 ans, sont morts et une cinquième personne était toujours portée disparue mercredi soir après que leur groupe a été emporté par une « vague » causée par de violents orages dans un canyon de Corse-du-Sud, haut lieu d’activités d’eau vive.

Parmi les quatre personnes décédées figurent la fillette, son père, le guide de la société Alticanyon, et un homme en cours d’identification, a précisé à l’AFP le procureur d’Ajaccio Eric Bouillard, arrivé sur place dans la soirée.

Au total c’est un groupe de 13 personnes -12 participants et un guide- qui avait entamé la descente du canyon de Zoicu à Soccia (Haute-Corse), mais « au fur et à mesure des difficultés », ce groupe va voir des personnes renoncer, « d’abord deux puis quatre », a détaillé le magistrat: le groupe de sept personnes restant « va continuer la descente jusqu’au dernier échappatoire et va ensuite entamer une descente en rappel au moment où une vague va les surprendre ». « Cette vague, décrite comme importante -on parle de trois mètres-, va les submerger et les emporter », a-t-il ajouté, précisant que deux autres groupes avaient fait demi-tour « compte tenu des conditions orageuses qui arrivaient » sur la zone.

« L’une des guides » de ces groupes qui avaient rebroussé chemin « va revenir vers (ceux) en difficulté et va lancer une corde », permettant à deux des sept personnes emportées, un homme de 40 ans et son fils de 16 ans, d’être « sauvés » et transférés à l’hôpital d’Ajaccio, selon le procureur.

Les recherches, suspendues mercredi soir à cause de la nuit, reprendront jeudi matin pour tenter de trouver la dernière personne portée disparue, une femme selon le magistrat. Parmi les six personnes qui ont renoncé à poursuivre la descente avec le groupe figure la mère de la fillette décédée. Celle-ci, qui n’était pas encore en état d’être entendue mercredi soir, n’a pas été emportée par la crue et n’a donc pas été secourue, comme indiqué dans un premier temps par le procureur.

De même, il n’y a pas de huitième personne ayant été emportée et secourue comme indiqué dans un premier temps par la préfecture, a précisé Eric Bouillard.

Un important dispositif de secours a été déployé dans le canyon où a eu lieu le drame, avec six plongeurs et trois hélicoptères. Les secouristes et les forces de l’ordre ont établi leur QG sur le parking qui surplombe la rivière et d’où partent les randonnées pour le lac de Creno, a constaté un photographe de l’AFP.

 

Un des plus beaux canyons de Corse

Le Zoicu est le ruisseau qui donne son nom à ce canyon situé à 1.000 mètres d’altitude, considéré comme l’un des plus beaux de l’île pour ses paysages et la couleur émeraude de ses vasques. Très prisé pour les activités d’eau vive -randonnée, kayak, canyoning-, il est considéré comme un site plutôt sportif avec des rappels de 18 mètres de haut et est a priori inaccessible sans équipement spécialisé. 

De violents orages se sont abattus ces derniers jours dans la montagne corse et un orage localisé a fait gonfler subitement le Zoicu, un affluent de la rivière Guagno.

Avec quatre morts, cet accident de canyoning est l’un des plus meurtriers en France depuis 1990, selon un bilan de l’AFP.

« La Corse toute entière est bouleversée par ce drame », a tweeté Gilles Simeoni, le président du conseil exécutif corse, en apportant son soutien aux victimes et à leurs familles. Le Président de l’Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, a également tweeté, en corse: « La Corse dans la douleur: la rivière a tué à Soccia », a-t-il écrit en adressant ses condoléances aux victimes et « à toutes les personnes touchées par ce drame ».

Complement d’information du 01/08/2018 à 22h07

L’enquête pour homicide involontaire ouverte après la mort de cinq personnes, dont une fillette et son père, emportées par une crue soudaine dans un canyon en Corse mercredi s’orientait jeudi autour d’une éventuelle imprudence du guide, lui aussi mort dans l’accident.

Deux jours avant le drame, lundi, des gendarmes avaient justement contrôlé ce guide d’Alticanyon, prénommé Pierre, a précisé à l’AFP le procureur de la République d’Ajaccio, Éric Bouillard. Selon le magistrat, invité à changer ses baudriers, « il l’a fait immédiatement ». Une vacancière, qui devait participer à une sortie finalement annulée par ce contrôle de gendarmerie, a de son côté décrit un guide « désorganisé », à qui les gendarmes ont fait « plusieurs reproches » : « Ils lui ont montré que les baudriers étaient en mauvais état et demandé son cahier d’entretien de matériel, mais Pierre leur a dit qu’il n’en avait pas. »

Vigilance orage

Interrogé sur un mousqueton qui ne fermait pas ou sur des cordes de rechange, le guide a répondu qu’il n’avait « pas de matériel de rechange », a assuré encore Stéphanie, cette mère de famille qui devait faire une sortie sur le parcours « sportif » avec lui : « Avec le recul, je me dis que j’ai eu de la chance et que j’ai pris la bonne décision en faisant cette sortie plus tard avec une autre société plus professionnelle. » Pour autant, assure Éric Bouillard, le guide « était en règle » et l’accident de mercredi n’était a priori pas lié à un problème d’équipement.

L’enquête porte plutôt sur les raisons qui ont poussé le groupe de 7 personnes dont faisaient partie les victimes à poursuivre leur descente dans le canyon alors que d’autres groupes avaient déjà renoncé en raison des conditions météorologiques : la Corse avait été placée en vigilance jaune orage mercredi et un orage localisé a fait gonfler subitement le Zoicu, le ruisseau qui donne son nom au canyon.

Une vague de 3 mètres

Confiée à la gendarmerie, l’enquête cherche également à établir si la seconde partie du canyon, plus technique, comportait une interdiction pour les enfants de moins de 13 ans. « Concernant l’activité de canyoning en Corse, elle est interdite aux enfants de moins de sept ans par un arrêté préfectoral », a précisé Éric Bouillard.

Les cinq victimes de l’accident sont une fillette de 7 ans et son père âgé de 39 ans, le guide de la société Alticanyon, âgé de 36 ans, un jeune homme de 26 ans et une jeune femme de 22 ans dont le corps a été découvert jeudi. La mère de la fillette décédée, en état de choc, faisait partie du groupe de 13 personnes – 12 participants et un guide – engagé dans cette sortie de canyoning, mais elle avait renoncé en cours de descente avec cinq autres canyonistes, à poursuivre l’activité, laissant son conjoint et sa fille continuer avec le guide et quatre autres personnes. Le groupe de sept personnes restant a ensuite été surpris par une vague alors qu’il effectuait une descente en rappel.

« Cette vague, décrite comme importante – on parle de trois mètres –, va les submerger et les emporter », a relaté le procureur, précisant que deux autres groupes avaient fait demi-tour « compte tenu des conditions orageuses qui arrivaient » sur la zone : « On va chercher les raisons pour lesquelles ce groupe a poursuivi alors que les autres ont fait demi-tour. » Une guide d’un de ces groupes, retournant en arrière, avait permis de sauver deux personnes, un homme de 40 ans et son fils de 16 ans, en leur lançant une corde, selon Éric Bouillard.

 

Complement d’information du 03/08/2018 à 13h00

Deux jours après la mort de cinq canyonistes dont une fillette de 7 ans dans un canyon en Corse, les auditions se poursuivaient vendredi pour déterminer les circonstances exactes du drame, a indiqué à l’AFP le procureur d’Ajaccio.

« Il y a encore un guide qu’on n’a pas réussi à entendre hier (jeudi), qu’on va pouvoir entendre aujourd’hui (vendredi) », a précisé Eric Bouillard, expliquant que les enquêteurs cherchent à « mieux cerner l’appréciation du risque » en cas de météo défavorable. Pour cela, les auditions vont s’enchaîner « les unes après les autres ».

L’enquête pour homicide involontaire, confiée à la gendarmerie, porte notamment sur les raisons ayant poussé le guide qui menait un groupe de six personnes à poursuivre la descente dans le canyon, alors que d’autres groupes avaient déjà renoncé en raison des conditions météorologiques: la Corse avait été placée en vigilance jaune orage mercredi et un orage localisé a fait gonfler subitement le Zoicu, le ruisseau qui donne son nom au canyon.

Deux guides entendus par les enquêteurs ont expliqué avoir renoncé à faire la seconde partie plus technique du canyon et en avoir « avisé le guide d’Alticanyon, qui a pour autant décidé de poursuivre », avait indiqué en conférence de presse jeudi soir le procureur.

Concernant l’éventuelle responsabilité du guide d’Alticanyon, qui est lui-même mort dans le drame, Eric Bouillard a expliqué que son décès « empêche d’éventuelles suites pénales, mais on a la lumière à faire sur cet accident et l’aspect civil n’est pas neutre pour les familles, il s’agit de l’indemnisation ».

Plusieurs familles des victimes sont attendues vendredi à Ajaccio et vont être reçues et épaulées par les enquêteurs et l’association d’aide aux victimes, la Corsavem (Corse Aide aux Victimes et Médiation, NDLR), composée de juristes et de psychologues. « Tout cela va se faire à l’écart des médias », a-t-il précisé.

Les cinq victimes de l’accident sont une fillette de 7 ans et son père âgé de 39 ans, originaires du Nord de la France, le guide, âgé de 36 ans, originaire de Bretagne et vivant hors saison à Nantes, un jeune homme de 26 ans et son amie de 22 ans, dont le corps a été découvert jeudi, venant de Carcassonne.

Deux personnes originaires des Côtes d’Armor ont pu être secourues par l’intervention d’un guide: un homme de 40 ans et son fils de 16 ans, « légèrement blessé au menton » et tous deux « très choqués ».

Complement d’information du 03/08/2018 à 12h52

Le procureur d’Ajaccio, en Corse, ne fait état d' »aucun écart à la réglementation », mais d’une possible « imprudence » du guide après la mort de 5 personnes, dont une fillette et son père, emportées par une vague dans un canyon de Corse.

Source : article édité par Le Point les 01, 02 et 03/08/2018