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Vieillissement des anneaux de liaison (GOLA Olivier)

Cet été, la rupture d’une sangle d’amarrage placée autour d’un arbre à provoqué, cet été, la mort de deux grimpeurs aux Etat-Unis lors d’une descente en rappel. Cet accident remet en évidence les risques liés au vieillissement du matériel textile exposé aux intempéries et au soleil.

L’accident s’est déroulé le 28 septembre à Tahquitz Rock, un site de grandes voies situé non loin du parc national de Joshua Tree (Californie). Deux grimpeurs américains sont tombés lors d’une descente en rappel. L’accident est consécutif à la rupture de la sangle de l’amarrage qui exposée depuis longtemps aux intempéries, était trop vieille. Initialement verte fluo, elle était d’ailleurs devenue presque blanche. Ce type de matériel en « fibre » se raidit avec le temps, ce qui peut alerter sur son ancienneté ; en l’occurrence, la pluie l’avait ramollie et elle était donc revenue à une rigidité moins préoccupante.

La sangle cassée du relais. © James Eckardt/RMRU

Les secouristes ont testé la sangle récupérée au relais. Résultat : elle a cassé sous tension à 250 kg, 290 kg et 355 kg alors qu’elle était originellement indiquée avec une résistance de 1 800 kg. Ils alertent donc sur les risques à employer du matériel textile laissé en place. Il s’agit du deuxième accident mortel en quelques mois dû à la même cause, après le décès d’une grimpeuse à Joshua Tree en mars 2022.

Source : Montagne Magazine “La rupture de la sangle du relais cause la mort de deux grimpeurs aux Etat-Unis. Par Philippe Poulet , Publié le 11 octobre 2022 à 14:27


Cet accident nous rappelle que, dès leur mise en service, les anneaux de corde et surtout de sangle (dépourvus de gaine de protection et offrant une surface plate) vieillissent. Le vieillissement de ces produits composes de fibres synthétiques est un phénomène complexe résultant de la combinaison de plusieurs facteurs (photochimique, thermique, chimique ou mécanique) qui les détériore plus ou moins vite, selon le contexte et la fréquence d’utilisation. Ce vieillissement est en partie visible : couleur dégradée sous l’action du soleil, usure ou coupure superficielle, raidisse- ment, corde peluchée. De façon plus insidieuse et donc moins visible, les fibres se détériorent inexorablement sous l’action des rayons ultraviolets ou encore des micro-cristaux qui usent les anneaux en contact avec la roche et pénètrent les fibres en profondeur, occasionnant des lésions internes microscopiques.

A noter également que l’eau, par réaction chimique avec les fibres de nylon (issues du pétrole) affecte également leur résistance. D’une manière générale, cette usure peut être rapide lorsque l’anneau est de surcroît installé à demeure, sollicité à répétition ou de façon intensive ; exposé au soleil, aux intempéries, voire aux risques de crues.

Par contre, les anneaux de sangle utilisés occasionnellement, avec précaution, stockés et lavés soigneusement (sans détergent), peuvent servir plusieurs années.

Il est donc important :

• d’être prudent lorsqu’on est amené à utiliser de la sangle ou des tronçons de corde usagés (dont on se sert depuis plusieurs années) ou présentant des traces d’usure et de tenir compte si possible de l’âge et du vécu du matériel. A noter que les anneaux de sangles cousues sont des EPI. Les tronçons de corde utilisés pour l’équipement, après quelques années de service, même apparemment en bon état, ont vieilli. Ils sont moins résistant aux chocs ; mais en revanche, ils sont souvent plus raides ce qui limite les risques d’usure par frottements.

• d’écarter sans scrupules du matériel d’équipement (à défaut de test de résistance), les cordes et sangles visiblement vétustes (usure importante, couleur effacée) surtout si on ne connaît pas leur provenance.

Attention : tout anneau trouvé sur place, même s’il semble à première vue en bon état, est forcément usagé et doit faire l’objet d’une vérification minutieuse car il peut dissimuler des traces d’usure.

Lorsqu’on envisage d’utiliser un amarrage naturel déjà équipé, avec un anneau de liaison, il convient donc :

  • de bien inspecter l’anneau de liaison en place, surtout s’il est dépourvu de maillon de rappel, car il risque d’être usé par le rappel de corde utilisé précédemment;
  • de le considérer comme usagé dans la mesure où on ne sait pas depuis quand il est en place (même s’il semble en bon état);
  • de le remplacer systématiquement s’il paraît douteux, et notamment s’il est disposé en simple et en place depuis plusieurs saisons. Une sangle neuve vaut toujours mieux que plusieurs sangles usées. De plus, les vieux anneaux de corde ou de sangle accumulés au fil du temps sur certains amarrages, peuvent devenir dangereux. Leur disposition, souvent modifiée à plusieurs reprises, tend à devenir anarchique sans améliorer pour autant l’amarrage dont l’utilisation devient très vite confuse et problématique.Par ailleurs, ces anneaux accumulés au fil des passages forment généralement des guirlandes disgracieuses et d’autant plus fournies que la hauteur de l’obstacle est importante (comme l’appréhension des équipeurs successifs probablement). Ne pas hésiter à les remplacer par du matériel neuf, et retirer tous les vieux anneaux pour les réformer.

Par ailleurs, la nature et la configuration du support peuvent également influencer sur la résistance de l’anneau de liaison en sangle ou en corde de par la nature et la configuration du support ainsi que la disposition géométrique de l’anneau. Pour savoir plus, consulter le cahier n°7 du mémento équipement des sites réalisé par Oliver GOLA

Voir également :